samedi 24 décembre 2011

Meilleurs voeux

À vous chers lecteurs, je veux vous souhaiter mes meilleurs voeux pour les fêtes. De l'amour, de la santé, mentale et physique, et du succès dans vos projets. Je vous reviens en 2012, plus présente et plus productive. Célébrez sans excès et ne conduisez pas si vous buvez! 

Nez Rouge : Montréal 514-256-2510 

mercredi 30 novembre 2011

Bobo

C'est un texte qui me touche particulièrement ces temps-ci, que j'ai découvert sur un album des Cowboys Fringants que je viens de découvrir, L'Expédition. La chanson s'appelle Bobo


Aujourd’hui il a bobo dans sa tête
Même son coeur n’est plus invité à la fête
Puisqu’il faut maint’nant panser les blessures
Eviter encore de frapper le mur
Il faudra du temps et du repos
Face au chagrin, il faut d’abord sauver sa peau

On a tous au fond de nous
Des longs chemins de cailloux
Des pianos sur les épaules
Et des grosses larmes de saules
Des sentiers plus lumineux
Qui mènent aux matins heureux
Et cette force qui nous charrie
Dans les temps gris de la vie

Puis un jour, moins de bobos dans la tête
Tranquillement le retour du coeur à la fête
Reviendront les rêves et les projets
Cette sève qui coule, cet avril qui renaît
Mais pour vivre ces moments pleins de grâce
Il nous faut parfois savoir où est l’impasse

On grandit à force d’expérience
C’est p’t-être ça qui donne un sens à l’existence
Mais quand on ne peut aller de l’avant
C’est qu’il faut alors s’arrêter au tournant
Pour comprendre d’où viennent les bobos
Et enfin pouvoir s’en délester le dos

Car on a tous au fond de nous
Des longs chemins de cailloux
Des pianos sur les épaules
Et des grosses larmes de saules
Des sentiers plus lumineux
Qui mènent aux matins heureux
Et cette force qui nous charrie
Et nous fait aimer la vie

lundi 21 novembre 2011

Le début de l'aftermath

Mon corps se révolte. Je pense que je prend trop de médicaments. Mon dernier rendez-vous médical s'est terminé par la remise d'une prescription de deux pages, et là dessus, il n'y a aucuns antipsychotiques ni stabilisateurs d'humeurs. Juste des médicaments et des crèmes pour gérer l'aftermath. Mon système digestif et ma peau semblent m'envoyer un message ces temps-ci. Ils réagissent. Mon visage est constellé d'acné, moi qui n'en ai jamais souffert à l'adolescence. Ce problème est apparu seulement après quelques mois de traitement psychiatrique... Et maintenant, je prends des nouveaux médicaments, pour gérer non seulement l'acné, la digestion, mais aussi mon cycle menstruel qui est complétement déréglé, également à cause du cocktail que j'ingère quotidiennement. Finalement, c'est pillules par dessus pillules! On en ajoute au lieu d'en enlever parce qu'il faut continuer à traiter les premiers problèmes... je ne suis pas proche d'avoir fini... Je pense à mon ami Étienne qui commence sa médication ses jours-ci, j'espère qu'il sait à quoi s'attendre!

vendredi 11 novembre 2011

perspectives d'avenir

Je fais des démarches d'orientation depuis le mois de septembre. Mon orienteure, Sessi, est une jeune femme très sympatique qui semble avoir bien compris le type de personne que je suis, parce qu'elle a pris le temps de m'entendre sur mon passé professionnel et scolaire et de me questionner sur mes aspiration, mon rythme de vie et mes désirs. On a pris notre temps pour déterminer mon profil professionnel : entreprenant, social et investigateur, et nous avons épluché près de 300 métiers qui pourraient m'intéresser. 

Aujourd'hui, quand je suis sortie de son bureau, nous avions un plan pour mon avenir. Je vais commencer par faire un AEC d'un an en bureautique spécialisé adjointe administrative, ce qui va me permettre d'avoir un bon emploi stimulant et payant, rapidement. Le but étant de me payer des études universitaires en administration des affaires (MBA) pour obtenir un poste de conseillère en management. Ce poste, je le convoite à plus long terme évidemment car j'en ai pour plusieurs années d'études avant de pouvoir compléter un diplôme de 2e cycle à l'université et d'acquérir la crédibilité requise pour conseiller des dirigeants d'entreprises, mais cette perspective d'avenir me motive particulièrement et, avide de connaissances, les études m'appellent au lieu de m'effrayer. 

Je suis très heureuse d'avoir trouvé quelque chose qui m'allume car, quand j'ai commencé mes démarches, je savais que j'aimerais retourner aux études, je savais que je me voyais dans le domaine des affaires, que je me voyais à l'université, mais je ne savais pas plus que ça dans quoi je m'en irais. J'ai eu un excellent service de Sessi et maintenant, elle va m'aider à préparer mon retour aux études. Ça m'exite!

lundi 7 novembre 2011

enfin capable de supporter mes pensées

Quelque chose qui a changé depuis que j'ai passé deux ans enfermée chez moi en convalescence, c'est l'habitude de la solitude. Avant, je la craignais comme la peste. Je faisais tout pour ne pas être toute seule et dès que je me retrouvais seule, je me précipitais sur le téléphone pour inviter des amis, pour me trouver une sortie, ou juste pour avoir quelqu'un sur la ligne à qui parler. Sinon, j'angoissais terriblement.

Mais je ne sais pas ce qui s'est passé, j'ai appris à être seule. À un point tel que maintenant, j'ai besoin de ma solitude. Je ressens de plus en plus souvent ce désir de me retrouver seule, dans mon bureau, avec moi-même et mes pensées, à faire mes p'tites affaires, comme on dit... Sûrement que la médication m'aide à ce niveau là, me permettant de mieux gérer le flot de mes pensées négatives et mon anxiété, ce que je n'arrivais pas à faire par moi-même auparavant...

Je considère ce changement comme une amélioration notable, une grande victoire, un improvement qui rend ma vie beaucoup plus saine. J'ai l'impression de m'aimer mieux parce que je suis capable de vivre ces moments de solitude avec moi-même. Parce que je suis enfin capable de supporter mes pensées...

Et vous, chers lecteurs, comment percevez-vous la solitude?

vendredi 4 novembre 2011

Une joie à la fois

Je célèbre le retour à l'indépendance financière ce soir en emmenant mon homme voir un spectacle. Et dimanche, je fête mon premier 3 mois sans fumée. De petites joies qui, pour moi, sont des montagnes. Je ressens de la fierté et je sens l'estime de soi reprendre du mieux. J'en avais tant perdu pendant cette periode sombre qui semble se dissiper enfin. Je suis heureuse de pouvoir dire merci et regarder devant moi. 

Un mini billet aujourd'hui chers lecteurs, mais un billet positif s'il en est un. Une joie à la fois.

vendredi 28 octobre 2011

Il n'est jamais trop tard pour agir

Malgré tout, je l'ai eu facile, moi. Quand j'ai fait ma psychose, je suis rentrée à l'hôpital psychiatrique, on m'a prise en charge, j'ai vu un psychiatre et je suis rentrée dans la machine. Je n'ai pas attendu, tout s'est fait tout seul. Et quand j'ai eu besoin de voir un psychologue, j'ai été référée par Dr. Todorov et maintenant je vois Jean Grégoire, gratuitement, payé par le gouvernement. Je vous le dit, je suis chanceuse dans ma malchance. Tout le monde n'a pas cette chance.

Je vous raconte aujourd'hui l'histoire de mon ami Étienne, qui fait actuellement des démarches pour obtenir un diagnostic en santé mentale. Pourquoi je vous raconte son histoire? Parce que je crois que comme lui, il y a probablement des centaines, voire des milliers de personnes qui, en ce moment même, cherchent de l'aide et désespèrent. Je voudrais leur donner de l'espoir. Mais la réalité est moins rose que ça. 

Étienne - Autoportrait
Étienne est un étudiant de 28 ans sans revenus, soutenu par sa mère dans son projet de devenir un photographe autonome. Il a déjà vécu des dépressions et se sent très affecté par les changements de saisons. Depuis quelques années, il tente de comprendre pourquoi il ne se sent pas bien et il a envisagé la possibilité de souffrir de troubles mentaux. C'est pourquoi il a entamé des démarches pour obtenir un diagnostic. Il y a plusieurs étapes pour en arriver là. Étienne n'ayant pas les moyens de payer ni d'assurances, il ne peut pas voir un psychiatre privé. Il doit donc demander une prescription d'un médecin généraliste pour en voir un dans un hôpital public. On compte donc le délai pour voir le médecin, le défi considérable de convaincre le médecin du besoin réel de ladite prescription (ça peut paraître simpliste, mais essayez vous-même de faire croire à votre médecin que vous souffrez d'un trouble bipolaire par exemple, vous m'en reparlerez...) et ensuite, le délai pour voir le psychiatre. Étienne a attendu 8 mois avant d'avoir son rendez-vous. 8 mois, quand on pense souffrir d'un trouble mental, qu'on ne sait pas ce qu'on a et qu'on ressent un profond mal-être... 

Entre-temps, la tante d'Étienne lui propose de voir une thérapeute pour l'aider à comprendre son malaise. Elle offre de lui payer ses visites jusqu'à ce qu'il puisse voir le psychiatre. La thérapeute, après plusieurs rencontres, présente une piste à Étienne. Le syndrôme d'Asperger. 

Étienne rencontre finalement le psychiatre. Une rencontre de deux heures pendant laquelle le médecin a rempli divers formulaires. Il a posé des questions qu'Étienne a senti plutôt directives, avant de proposer un diagnostic : humeur disthymique, bipolaire de type II avec trouble d'anxiété généralisé, trouble d'anxiété sociale léger et trouble de déficit de l'attention. Il réfère maintenant Étienne à son médecin de famille avec une liste de médicaments à prendre. C'est tout. Merci bonjour.

Étienne n'est pas satisfait. Il a l'impression que le médecin lui a un peu mis les mots en bouche, qu'il a dirigé les questions en fonction d'un diagnostic bipolaire, qu'Étienne connait, puisqu'il est mon meilleur ami. Il aurait aimé qu'il investigue plus en profondeur le syndrome d'Asperger, mais le psychiatre ne semblait pas réceptif et semblait avoir hâte de compléter ses formulaires. Il avait une procédure à suivre, un temps à respecter, il n'était pas là pour l'écouter. Après 9 mois de démarches, Étienne va demander un deuxième avis. On repart le bal des procédures. 

Quand on commence des démarches en santé mentale, c'est que ça ne va pas bien dans notre vie. On a besoin d'aide ici, maintenant. On devrait pouvoir obtenir de l'aide rapidement. Pas dans 9 mois. Tout de suite. Et les médecins devraient être empathiques et ouverts aux patients qui ont le courage de s'ouvrir et de parler de santé mentale. Pas les traiter comme des numéros qu'il faut classer dans un temps record.

J'aimerais dire aux gens qui me lisent et qui ont besoin d'aide de ne pas se décourager malgré l'ampleur des démarches à faire. ÇA VAUT LA PEINE. Le soulagement qu'on obtient une fois pris en charge par un bon médecin vaut mille fois les efforts nécessaires pour le trouver. Si le médecin ou le psychiatre qui vous traite n'est pas réceptif à vos besoins, allez en voir un autre. Vous méritez d'être traité humainement. Il existe des bons docteurs.

Et pour ceux qui ont besoin d'aide tout de suite, je vous réfère à l'urgence du département de psychiatrie de votre hôpital local. N'hésitez pas à vous y rendre si vous êtes en situation de crise et que vous ne savez plus vers qui vous tourner. Il n'est jamais trop tard pour agir.