vendredi 5 novembre 2021

Une autre crise de passée

 5 mois d'arrêt de travail. Des milliers de dollars en thérapie. Une autre crise de passée. 

J'écrivais plus tôt cette année que la santé mentale n'est pas linéaire. C'est plutôt comme une roue de fortune. Chaque haut, chaque bas, est cyclique. C'est comme une roue de fortune parce qu'on ne sait jamais sur quelle phase on va tomber. Les hauts sont exaltants, les bas, anéantissants, mais la roue finit toujours par tourner. 

J'ai pris congé de mon travail au début mai, pour insomnie chronique sévère. L'insomnie pour une personne bipolaire a souvent pour effet de provoquer une hypomanie; un flots de pensées incontrôlables, de la logorrhée verbale, un déséquilibre qui, si on n'y porte pas attention, peut mener à la manie ou à la psychose. Je connais les signes, l'insomnie a toujours été mon talon d'Achille. Et le sommeil, la pierre angulaire de ma santé mentale.

Ce cher Dr. Todorov a bien tenté de m'offrir la panoplie de somnifères disponible sur le marché, avec moi, ça ne fonctionne pas. Étant trop sensible aux molécules, je me retrouve souvent plus déséquilibrée qu'avant la thérapie médicamenteuse. J'ai décidé cette fois de traiter non pas le symptôme, mais la cause de mon insomnie.

Ce qui m'a le plus aidé, c'est la thérapie cognitivo-comportementale contre l'insomnie, que j'ai appliquée moi-même sans soutien d'un thérapeute. J'ai simplement lu tout ce que je pouvais trouver sur le sujet et j'ai appliqué les principes très simples dans mon hygiène de vie.

Je ne dirais pas que l'insomnie est chose du passé, mais avec l'accord de mes patrons et une réorganisation de mon horaire de travail, j'arrive, malgré les nuits difficiles, à dormir entre 7 et 8h sur une base régulière. Quand je dors, tout s'améliore. 

L'hypomanie s'est rapidement résorbée grâce à l'ajustement de mes doses d'antipsychotiques. S'en est suivi le retour du balancier habituel, une période dépressive suivant le high de l'hypomanie. Encore là, on ajuste la dose et l'équilibre revient. La bipolarité, comme la roue de fortune, comporte ses hauts et ses bas. Ce qui me surprends, c'est d'encore m'étonner quand les bas suivent les hauts. Depuis le temps, j'imagine que je serais en mesure de mieux anticiper. 

J'ai donc pu réintégrer le travail après 5 mois tout juste d'arrêt. Une pause dont j'ai profité pour guérir certaines blessures d'enfance qui entravaient mon bonheur d'adulte. C'est grâce à l'EMDR que je peux maintenant dire que je suis plus légère, libérée. Une pause salutaire.

Mon retour progressif se déroule somme toute bien, mais il est impératif que je gère mes niveaux d'énergie et que je mette mon hygiène de vie et ma routine dodo en priorité. Je sais que si je mange bien, que je limite l'alcool, que je sors prendre une dose d'air frais chaque jour et que je m'autorises une pause d'appareils électroniques le soir, mon sommeil sera facilité et je serai alerte et efficace au travail. 

C'est une synergie de bonnes décisions et de discipline qui font en sorte que je fonctionne malgré mon diagnostic. Chaque choix que je fais affecte mon succès. Des fois ça pèse lourd mais je suis toujours heureuse quand je suis en équilibre. Et en bout de ligne, c'est tout ce qui compte. 

La santé mentale n'est pas linéaire, mais je sais qu'en prenant soin de moi, j'entraîne le mouvement vers le haut, et je suis bien heureuse d'y être enfin parvenue. 

vendredi 27 août 2021

Mets ça dans une boîte

 Un des outils que m'a apporté ma présente thérapie en EMDR s'appelle la boîte. C'est une technique très simple pour gérer les événements perturbants pour qu'ils n'empêchent pas le bon fonctionnement du patient.

Toute ma vie, j'ai souffert d'insomnie chronique à sévère qui m'empêchait de bien fonctionner. Actuellement, je suis en arrêt de travail depuis plusieurs mois suite à un épisode d'insomnie sévère qui affectait mes performances au travail ainsi que mes relations interpersonnelles. Pour m'aider à progresser, je savais que je devais changer les habitudes qui me menaient à la rumination, cause de mon insomnie depuis toujours.

En EMDR, nous revisitons des événements traumatiques du passé afin de les intégrer et de pouvoir poursuivre notre vie sans les symptômes associés aux traumas. Revivre ces événements est intense psychologiquement et il est impératif que ces émotions et perturbations ne nous suivent pas à la sortie du cabinet du thérapeute. D'où l'utilisation de la boîte.

Il s'agit, très simplement, de visualiser les éléments perturbants, les images associées au trauma, les émotions et tout ce qui peut perturber en lien avec celui-ci, et de les placer mentalement dans une boîte. Dans ma pratique, je scelle la boîte avec un ruban adhésif, et je le place dans une étagère mentale que je me suis créée. Je sais que je reviendrai à ma boîte au moment opportun jusqu'à ce que les perturbations soient traitées et intégrées. Cela me permet de vivre ma vie entre 2 séances sans être affectées par toutes ces émotions.

Un soir que je ruminais au lit, dans une impasse mentale, j'ai pensé utiliser la boîte pour pouvoir dormir au lieu de m'en faire avec des événements sur lesquels je n'aurais aucun contrôle à ce moment là. J'ai mis les éléments que je ruminais dans ma boîte et je lui ai promis que je la rouvrirais au moment où ce serait pertinent de le faire. Que je ne l'oublierais pas. J'ai dormi paisiblement quelques instants seulement après cet exercice de visualisation. Avais-je trouvé une solution à mon insomnie?

Depuis cette réalisation, si simple, mais si efficace, je me suis surprise à m'endormir avec facilité plusieurs soirs. Oui, j'avais là une belle solution. Puis, j'ai pensé l'appliquer à l'anxiété dans mes états d'éveil. L'anxiété concerne souvent des pensées en lien avec des événements futurs pour lesquels nous tentons de trouver des solutions dans l'immédiat. Ces pensées anxiogènes ne sont pas utiles au moment où nous les expérimentons, j'ai donc décidé de repousser ces extrapolations jusqu'au moment où celles-ci seraient effectivement utiles. Bingo, encore un truc qui marche!

Depuis ce temps, je ne cesse de recommander l'exercice de la boîte à mes proches qui expérimentent de l'anxiété. Ce conseil semble fonctionner également dans leur cas! Quel bel outil!

Avez-vous essayé l'exercice de la boîte? Dans quel contexte pratique pourriez-vous l'appliquer?

dimanche 8 août 2021

Guérison par l'EMDR

 Une thérapeute m'a récemment qualifiée de polytraumatisée. Ce terme m'a laissée bouleversée par la prise de conscience de tous ces traumatismes qui ont ponctué mon développement. Elle a suggéré l'approche EMDR, une technique thérapeutique que j'ai explorée plus jeune dans le traitement de syndrome de choc post-traumatique qui avait eu des effets permanents et profondément transformateurs.


L'EMDR est une technique plutôt récente qui utilise les mouvements oculaires rapides pour transcender les éléments traumatiques de notre parcours en permettant d'intégrer pleinement ces événements, faisant en sorte que les traumatismes ne soient plus actifs dans le monde émotif du sujet.

J'ai fait des recherches auprès de l'ordre des psychologues du Québec pour trouver un thérapeute formé en EMDR dans ma région. J'ai eu la chance de trouver dans un rayon de moins de 10 minutes de marche de mon domicile.

J'ai débuté la thérapie il y a environ un mois. L'effet de cette thérapie est comme ouvrir des portes dans l'inconscient du sujet qui fait remonter à la mémoire les événements traumatiques qu'il contient. Chaque porte ouverte est pleinement ressentie et une association d'images vient à l'esprit du sujet alors que le thérapeute le dirige en faisant osciller son regard d'un côté à l'autre. Cette pratique a pour effet de stimuler les 2 émisphères du cerveau.

Une affirmation négative envers soi est déterminé pour une série d'événements traumatiques et la pratique convertit cette pensée négative en affirmation positive au fil du traitement. Je ne mérite pas l'amour devient je mérite l'amour, je ne suis pas en contrôle devient je suis sereine et ainsi de suite.

Ce qui a été révélateur dans le cadre de mon traitement, c'est le nombre d'événements traumatiques qui sont remontés alors que nous ouvrions les portes de mon subconscient. Nous sommes arrivés rapidement à la croyance "Je ne mérite pas l'amour" qui s'est établie dès ma plus tendre enfance. Cette ouverture sur ma blessure originelle aura, lorsqu'elle sera transcendée, un impact majeur dans mes relations et sur ma qualité de vie.

Ouvrir les portes sur les douleurs du passé est difficile et confrontant c'est certain. Ce n'est pas un chemin léger et sans embuches. Cependant, même si parfois la douleur est vive, je garde en tête ce qui viendra après cette série de libérations. La légèreté, le soulagement d'une douleur de vivre que j'ai longtemps portée, et un fondamental sentiment d'avoir ma place dans cette vie.

Ce chemin qui est le mien est comme un long tunnel sombre, mais la pratique de l'EMDR me fait miroiter une lumière sublime de l'autre côté du tunnel. Un apaisement, une sérénité.

Je parcours mon chemin avec courage, détermination et humilité face à la douleur de mon parcours. Je garde en tête cette part immense de résilience dont j'ai su faire preuve malgré la rudesse de mon parcours. Je me laisse éprouver de la lourdeur face à tout ce qu'il y a à accomplir et je me fais un point d'honneur de me féliciter de faire le travail.

Je crois que la guérison de mes blessures profondes aura un impact significatif sur la qualité de ma santé mentale, et cette pause professionnelle que je me suis accordée est l'espace parfait et sécuritaire pour entamer ce chemin de guérison. Je remercie la vie chaque jour d'avoir l'abondance et le soutien pour faire ce travail dans mes profondeurs.

Si l'approche de l'EMDR vous a intriguée, je vous invite à vous informer sur la démarche et envisager de contacter l'ordre des psychologues de votre région pour prendre contact avec un thérapeute certifié. C'est un cadeau immense à s'offrir. 

mercredi 7 juillet 2021

La santé mentale n'est pas linéaire

 J'en suis au début de mon 3e mois d'arrêt de travail pour insomnie sévère et tous les débalancements que cela a occasionné chez moi. Un petit up, un petit down, mais surtout, une anxiété latente que je tente par tous les moyens de ramener à l'ordre. J'ai recommencé à fumer après 9 ans d'arrêt, c'est dire que je peine à gérer.

J'ai connu plusieurs années de stabilité depuis mon éveil spirituel et la mise en place de ma pratique matinale de développement personnel. J'ai un emploi stable et très bien rémunéré, j'entretiens des relations saines et épanouissantes, je suis 100% autonome et je prends soin de moi chaque jour. Mais dans ma tête, il y a toujours le spectre de la maladie mentale, ce mental ennemi qui peut pointer son nez à la moindre occasion. 

C'est un sentiment indescriptible de ne pouvoir faire confiance à son esprit. De savoir que, parfois, il m'envoie des messages destructeurs et violents qui peuvent mettre ma vie en péril. C'est aussi une cause de mon anxiété latente et d'un grand besoin de contrôle, de barrières solides et rigides que j'ai érigées avec les années. 

En 2020, je me suis séparée de l'homme qui m'a soutenue durant les longues années de retour à la stabilité. Dans mon monde en constant changement, il était mon roc, mon ancrage, ma seule constance. Pour la première fois de ma vie, j'allais habiter seule, et je ne savais pas si j'en étais capable. 

Changement d'environnement, de travail, une promotion, le décès de mon grand-père, déracinée de ce quartier que j'appelais chez moi, j'étais déboussolée. Mes habitudes de mon ancienne vie, l'alcool, une vie sociale effrénée, la nourriture, ont été mes soupapes de sécurité. J'ai repris le poids que j'avais mis tant d'effort à perdre, une épreuve de plus à mon estime de soi fraîchement bâtie, les fondations pas encore solidifiées. Ce fut une épreuve. Je ne peux pas dire que je m'en sois encore remise.

Mais ce qui me nuit le plus, outre mon besoin de reprendre le contrôle sur ma consommation, c'est cette anxiété latente qui me pousse à consommer. Quand je décide de prendre action vers l'une de mes dépendances, c'est l'anxiété qui parle. 

Je connais tous les trucs, la méditation, l'exercice physique, l'hygiène de vie, dormir suffisamment, ect ect ect. Je peux sincèrement affirmer que j'utilise ces outils chaque jour. Mes journées commencent chaque matin par 1h30 de méditation, écriture, lecture positive, exercices et affirmations. J'ai une routine du soir pour favoriser le sommeil. Je bouge chaque jour. Je coche toutes les cases de la liste. Il reste que cette anxiété est toujours là et que je n'arrive pas à la calmer.

Bien sûr j'ai une équipe soignante, thérapeute, travailleur social, psychiatre, n'empêche qu'entre les rencontres, je dois gérer cette anxiété par moi-même et j'avoue que ces jours-ci, j'en arrache.

J'aimerais terminer sur une note d'espoir, alors je vais simplement dire ceci : il ne peut pas pleuvoir tout le temps. Aujourd'hui c'est plus difficile, mais je sais que c'est possible aussi d'aller mieux. Qu'il y a parfois des meilleures journées. L'important, pour moi, c'est de prendre ça une heure à la fois. Moment par moment, dans le ici maintenant, je peux être un peu bien. 

mardi 1 juin 2021

Rechuter

Hier a été une journée difficile. J'ai pleuré, ressenti de la frustration, exprimé une peur que j'ai si longtemps gardé pour moi... J'ai regardé la lame de mon rasoir de sûreté avec envie, un temps d'arrêt. Et si je pouvais fuir la maladie?

La chanson de Tire le coyote m'a tiré des larmes. "Quand ton corps est une cage où l'on enferme la maladie" Un diagnostic lourd, présent, accaparant qui cloue au sol, qui stoppe, souffrant. Une épée de Damocles qui parfois s'abat. Qui est toujours là, comme une ombre qui parfois prend le premier plan, qui prend tout l'espace. Un mental ennemi.

Aujourd'hui, plus légère, plus joyeuse, un long moment d'encrage dans ce parc-safe-space où la nature se déploie en soutien. Gaïa en bas, le ciel et son amour sans borne tout en haut. Mon corps malade ce pont entre les deux. Juste être. Lentement. Sans penser.

Ça va bien aller

mardi 6 septembre 2016

Palpitations

J'ai pas beaucoup d'occasions de parler de ma maladie. Au travail, ils ne savent pas que je suis bipolaire. Je n'en parle pas beaucoup avec mes amis non plus. Heureusement, mon conjoint est là pour m'écouter, mais, l'autre jour, quand je lui ai parlé des palpitations dans ma gorge, je sentais que j'étais sur un chemin miné. 


Je suis (encore) en thérapie en ce moment, et ma psy me parlait des bipolaires et de leur difficulté à gérer les stimulis. Trop de stimulis les propulsent en manie. Tout ce qui affecte les sens, ce sont des stimulis. Les sons, les images, les livres, la musique... Bref, pas mal tout ce qui nous entoure, ce sont des stimulis. Et moi j'ai de la difficulté à les gérer? Wow... je peux bien être fatiguée tout le temps!


Au fur et à mesure que je suis plus à l'écoute de mes besoins et que je sais mieux reconnaître mes symptômes, j'ai identifié un phénomène qui se produit, je crois, quand je suis en excès de stimulis. C'est une petite palpitation dans ma gorge, comme une fébrilité. Je connais de mieux en mieux cette sensation, et j'ai appris que, dans ces moments, j'ai besoin de calme, de silence, de respirer. 


Ces temps-ci, j'ai expérimenté avec mes médicaments et j'ai arrêté le Seroquel, un médicament très fort qui m'aidait à dormir. Le résultat, c'est que je m'endors tout naturellement le soir, mais il m'arrive de faire de l'insomnie durant la nuit. C'est pour ça que j'étais anxieuse de parler des palpitations à mon conjoint, parce que je savais que ça allait l'inquiéter. Les bipolaires ont besoin de sommeil pour gérer leur santé mentale...



Mais cette fébrilité, ce n'est pas une manie, c'est loin d'en être une. Cela fait des années que je n'ai pas fait une seule manie et je sais très bien les reconnaître. Non, c'est seulement un état normal de ma maladie, quand j'ai un surplus d'influx externes. Quand je lis quelque chose d'exaltant. Quand j'écoute de la musique très forte ou très rapide. Quand j'ai une conversation très exitante. Quand il y a trop de bruits en même temps. Je pense que je vais toujours vivre cette fébrilité, toute ma vie. Le danger, ce serait de l'alimenter, de l'exacerber, de l'encourager... 


Moi, je ne pense pas que c'est inquiétant, parce que, justement, j'arrive à l'identifier. Non seulement j'y arrive, mais en plus, j'arrive à gérer moi-même ces moments de fébrilité, et j'arrive à me remettre au neutre. Je connais mon corps et je sais ce qui me calme. Maintenant que je me connais mieux, j'arrive à gérer mon état intérieur par des techniques toutes simples, comme la méditation. Est-ce que je peux vous dire que je suis vachement fière d'en être arrivée là? Ma psy dit même qu'un jour, je n'aurai plus besoin de médicaments, parce que j'arriverai moi-même à gérer ma bipolarité. Vous imaginez?


Je trouve ça difficile d'inquiéter mes proches en leur parlant de ma maladie. Je me sens très choyée de pouvoir en parler ici, sans tabou, sous le couvert de l'anonymat. Merci chers lecteurs, de m'accorder ça. 

jeudi 23 juin 2016

Ce qui a changé

Quand j'étais jeune, mon père gagnait beaucoup d'argent et c'était normal, bien vu, comme un signe de succès. Alors je voulais moi aussi faire beaucoup d'argent. 
Je savais que j'avais beaucoup de potentiel et que, quand j'ai un projet dans la tête, pas grand chose peut m'arrêter. Alors je voyais grand, voitures de luxe, un manoir (oui oui!)
bref, faire des millions de dollars. C'était mon plus grand but dans la vie.

Plus tard, un hasard de la vie a fait que je me suis retrouvée en thérapie et qu'on a abordé la valeur personnelle. Nous avons constaté que ma valeur personnelle était uniquement basée sur mon succès professionnel et sur l'atteinte de cette vie riche que j'avais en tête. Et ça pour moi, c'était un problème. Ça voulait dire que, si je n'avais pas d'emploi, ou si je n'atteignais pas la richesse, je ne valais rien. Quelque chose dans mon for intérieur me criait que ça ne pouvait pas être ça, ma valeur. 

Pendant de longs mois, j'ai exploré le fond de moi-même, pour savoir ce que c'était pour moi, ma valeur personnelle. J'ai fait du travail en coaching et ma coach m'a dit : toi dans la vie, tu choisis le bonheur. Des fois c'est aussi simple que ça. Et tout de suite j'ai su que ma valeur personnelle, je n'avais qu'à décider qu'elle était là, emploi ou non. Je ne peux pas définir ma valeur avec des mots, mais je sais que je vaux quelque chose de bien, sans rien faire, sans accomplissements professionnels retentissants, sans devenir millionnaire. 

Plus tard, j'ai découvert en lisant un livre fantastique, que ma priorité dans la vie, ce n'était pas la richesse monétaire, mais la richesse interpersonnelle. Être là pour mes proches était ma priorité. Et ça a eu un impact majeur sur ma façon de voir la vie. Soudainement, mon idée de manoir et de voiture de luxe n'avait plus d'importance. C'était trivial et même un peu ridicule, comparativement à la richesse d'être bien entourée et d'être aimée comme je suis. 

Maintenant, je crois toujours que j'ai un grand potentiel, je ne fixe pas de limite au succès que je pourrais atteindre, mais mes valeurs ont profondément changé. Je ne vise pas la richesse, parce que la richesse, je l'ai déjà. Celle d'avoir des gens que j'aime sur qui compter et pour qui être présente du mieux que je le peux. Et je sais maintenant que je vaux la peine qu'ils m'aiment et de les aimer. C'est ça qui a changé.